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Mozart

Au bout de la plage
Un coquillage se découvre
Et montre sa nacre.

Ses yeux entrouverts et ses lèvres lisières
Découvrent un secret depuis longtemps caché.
Une saveur de palais, humide et sucrée.
Elle hésite d'abord, timide, apeurée.
Puis des perles de larmes qui surgissent d'hier
Jaillissent, roulent et ruissellent.
Elles dévoilent son corps d'une nimbe de lumière,
De vagues d'ivoire, d'écume qui se mêle.
Dentelle nuptiale aux reflets argentés,
Voile virginal que le vent vient gonfler
En volutes légères jusqu'à l'envoler,
Et d'un trait, tendu comme un arc, la confier au ciel.
En silence l'archet glisse sur la nacre,
Doucement il l'effleure comme un sacre,
Puis touche son cœur et goûte son miel.
Alors une mélodie de soupirs sans fêle,
Rivière sans mineur, sans majeur, pour longtemps
Enfle et s'élève dans l'espace et ses temps.
Et Mozart pleure de ses lèvres lisières
D'avoir découvert ce qu'on lui cachait.

© Marc Heddebaux 2005