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Flamenco

Poème du début à la fin d'une danse

J'ai vu la danseuse de voyage
Crucifier un Flamenco
Et la croix de ses bras
Embraser l'invisible
Et ses rêves d'histoires
En drapé d'espoirs
S'étendre à mes pieds

Je l'ai vu son corps
Assoiffé d'inconnu
Brûler les savoirs
Et son torse nu
Armé de son âme
M'entraîner, impie,
Dans ses affres d'effroi

Je l'ai vu son regard
Diamant jusqu'au noir
Briser les miroirs
Et ses larmes acérées
De rire ou de mort
Arracher mes iris d'un regard putréfié

Je l'ai vu déchirer les bibles
Bâillonner ses mots
Qui parlaient de l'après
Puis frapper de ses pas
L'ombre enchaînée
Qui rampait en esclave

Ne laissant au silence
Que l'unique résonance
D'encores étouffés

Ne laissant au silence
Que l'unique résonance
D'une écume enclavée.

© Marc Heddebaux 2007