la pivoine

de Ghazel Sotoudeh

 

 

Dans le trouble amer de mes rancoeurs je ne veux que silence et rêve d’instants où le jour est moins lourd que le poids de mes humiliations imméritées.

Maintes fois j’ai songé à mon corps disposé sur ton lit
Les caresses me formant
Et le doux désir assouvi.
Maintes fois j’ai songé mourir pour ne plus essuyer ces larmes qui perlent sur mes joues comme des sueurs éternelles.
Maintes fois j’ai songé t’exploser le cerveau rongé par l’orgueil
Puis lâche, pointer l’objet de mes nuits sur la tempe et presser si fort que les éclaboussures de mon âme parviendraient enfin sur mes terres.

Je ne songe plus.
Je te veux. Je veux te voir…Enfin je te vois…
Ton visage n’est plus humain.
Embaumé de nuée ton regard est perdu et je vois ce qu’à tes yeux je ne suis plus.
L’amour rouge sang, l’amour jauni par le temps, l’amour rouillé par les larmes et la bile, enseveli de linceul et de nymphéas. Je vois mon amour mort.


Mes souvenirs s’estompent et rejaillissent au cœur d’une pivoine
je les abandonne pour sourire dans mes moments les plus forts.


Dans ce cauchemar incessant je me terre
Un pas…absente
Sur une route sombre, main tendue, je cherche une bonne âme venant à mon secours. Que des grillages. Des grillages… Prisonnière de mes chimères.
Parfois ton ombre m’illumine : je suis seule.

Alors je m’enivre de mots consolants, lente appréciation d’une blessure qui saigne mon ventre,
Agonie de mon souffle.
Plus rien ne m’apaise.
Pas même cette pivoine à fière allure.
Résignée, d’une main aiguisée de rage je mets fin à cette douleur qui ne veut pas mourir.

Je mets fin à cette douleur qui ne veut pas mourir.

 

 

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