(en pensant à Jean Giono)
La brise était chaude et agile, elle faisait balancer le feuillage
des arbres.
Juchée dans la cage de fer du beffroi, j'apercevais un enchevêtrement
géométrique de tuiles romaines comme on en voit seulement dans
les villes provençales accrochées à leur colline.
Les toitures embrassées les unes dans les autres, luisaient dans le
soleil de la sieste, chauffé à blanc. Tout l'emplacement de
la ville ressemblait à un rêve dans lequel quelques ombres étaient
incongrues. Le vent léger faisait frémir cette étendue
hallucinante. Les montagnettes étaient lointaines et la plaine bleutée.
Assommés par la chaleur, les oiseaux ne chantaient plus, tout dormait,
la paix était totale....
...L'air plus vif souffletant mon visage m'éveilla. Je dus faire un
effort de souvenance. Je croyais dormir encore: De façon cocasse, au-dessous
de moi de petits bonshommes se déplaçaient sur des chemins étroits...
... Ma pensée se remit enfin à l'heure et la peur du châtiment
m'envahit: J'avais dix ans et j'étais montée sans permission
dans le campanile branlant et interdit. Je fus punie, mais ça en valait
la peine!