paradoxes

de Marcelle Gambus

 

 

 

(en pensant à Jean Giono)

La brise était chaude et agile, elle faisait balancer le feuillage des arbres.
Juchée dans la cage de fer du beffroi, j'apercevais un enchevêtrement géométrique de tuiles romaines comme on en voit seulement dans les villes provençales accrochées à leur colline.
Les toitures embrassées les unes dans les autres, luisaient dans le soleil de la sieste, chauffé à blanc. Tout l'emplacement de la ville ressemblait à un rêve dans lequel quelques ombres étaient incongrues. Le vent léger faisait frémir cette étendue hallucinante. Les montagnettes étaient lointaines et la plaine bleutée.
Assommés par la chaleur, les oiseaux ne chantaient plus, tout dormait, la paix était totale....
...L'air plus vif souffletant mon visage m'éveilla. Je dus faire un effort de souvenance. Je croyais dormir encore: De façon cocasse, au-dessous de moi de petits bonshommes se déplaçaient sur des chemins étroits...
... Ma pensée se remit enfin à l'heure et la peur du châtiment m'envahit: J'avais dix ans et j'étais montée sans permission dans le campanile branlant et interdit. Je fus punie, mais ça en valait la peine!

qui est
y Voir et Lire